LORCA

Rêve ou cauchemar

Existe-t-il meilleure manière de présenter un artiste peintre que de laisser parler ses images et ses couleurs au regard du spectateur, plutôt que d’utiliser des mots pour tenter de les expliquer?

La seule contemplation de l’œuvre, c’est-à-dire aussi de cette œuvre, recherche si particulière qui nous est maintenant offerte par José Ortiz, semble venir le confirmer pleinement, tant elle se suffit à elle-même. Alors que l’on y découvre un univers mystérieux de contours et de nuances, où s’inscrivent pourtant des signes reconnaissables à l’œil nu qui font de chacun de ses tableaux une véritable image-poème permettant à celui qui observe, et voit soudain, de jouir subtilement de l’instant privilégié d’une telle rencontre, tout en se laissant porter aussitôt vers quelque ”mélancolique” rêverie intérieure. La palette des teintes ainsi que des formes partout choisies, puis reprises en variations chromatiques à la manière de la réapparition sonore d’un vers insistant au sein d’une strophe, ou d’un refrain musical, alliée aux mouvements intimement créateurs d’un langage plastique et culturel sans cesse renouvelé, proposent de la sorte au novice comme à l’expert un éventail de sensations riches, fortes, d’émotions infinies, qui nous font plonger en profondeur au sein d’un univers ”magique” à décrypter, de l’autre côté des apparences.

José Ortiz nous invite ainsi de collection en collection, comme d’un ensemble pictural à l’autre, au voyage onirique en nous-même. Et nous voici étrangement partis, en sa voyante compagnie, sur la route des impressions neuves où il nous entraîne à sa suite, jusqu’aux retrouvailles célébrées avec nos rêves enfouis les plus secrets.

Jocelyne Aubé-Bourligueux